48 cas d'inhibition étudiés.
45 guérisons : 30 après une séance, 12 après deux séances, 3 après trois séances, 3 échecs.
L’inhibition consiste toujours en, au moins, deux peurs à caractères contradictoires, ce qui peut se résumer par : « Je dois agir pour ne plus être en danger mais si j’agis, j’encours un autre danger ». L’inhibition atteint une intensité maximale si les peurs antagonistes sont issues de la même situation.
Dans tous les cas étudiés, les deux peurs à l'origine de l'inhibition ont été identifiées en période prénatale. L’asphyxie par écrasement ou étirement du cordon ombilical et conduisant à une perte de connaissance plus ou moins sévère a été systématiquement identifiée comme la cause de l’une des peurs concernées par l’inhibition.
Les situations les plus couramment rencontrées à l’origine des inhibitions sont :
• L’évacuation d’un jumeau dizygote qui, en provoquant une aspiration forte, installe la peur de disparaître ou de perdre connaissance si le cordon est étiré de telle sorte qu’il ne laisse plus passer assez d’oxygène. Lors d’une évacuation, le fœtus peut également, en gesticulant, faire un nœud ou s’emmêler dans son cordon ombilical et s’asphyxier plus ou moins intensément et durablement. Ces événements sont généralement associés à des peurs antagonistes intervenant à la naissance et poussant, au contraire, le fœtus à sortir : souffrance par manque de place ou début d’asphyxie, insécurité produite par le résidu d’un jumeau monozygote ou par des violences extérieures (activités et chocs maternels), rupture prématurée de la poche des eaux entraînant une modification hostile de son environnement.
• La mort d’un jumeau monozygote qui crée un reflux sanguin entraînant ponctuellement une asphyxie. Les peurs antagonistes associées à cet événement sont identiques à celles concernant l’évacuation d’un jumeau dizygote.
• Un positionnement incorrect avant la naissance provoqué par l’emmêlement dans le cordon ombilical : d’un côté, le fœtus ne veut pas sortir car il sait qu’il ne se trouve pas dans la bonne position et, de l’autre, son emmêlement entraîne une asphyxie qui le pousse à sortir rapidement.
• Le cordon ombilical noué autour du cou ou en bretelle ou encore autour des jambes ou, plus rarement, autour des bras qui, par étirement ou par compression contre le bassin maternel, lors de la sortie, provoque une asphyxie plus ou moins grave. Dans ce cas, plus le fœtus se contracte et se débat pour sortir, plus le cordon est étiré ou écrasé et moins l’oxygène lui parvient. D’un côté, il doit sortir le plus rapidement possible et de l’autre, plus il cherche à sortir, plus il s’asphyxie. Là encore, instinctivement, il sait que sa sortie est irréversible et qu’il ne survivrait pas en revenant vers l’intérieur. Cette peur panique peut également se compliquer par l’évacuation lointaine mais mal vécue d’un jumeau dizygote ou par la présence du résidu d’un jumeau monozygote. À noter également, dans les complications moins courantes, la rupture prématurée de la poche des eaux ou la présence d’un jumeau vivant, qu’il soit premier ou deuxième à sortir.
Cela dit, quel est le rapport entre ces événements et l’incapacité à prendre la parole en public ou de se comporter naturellement à un examen ? Le ressenti prédominant, dans toutes les inhibitions, se résume à : « Je ne vais pas y arriver, je ne vais pas savoir faire ce qu’il faut, je ne suis pas assez ceci, je ne suis pas assez cela… et de toute façon, le moment venu, je perds tous mes moyens… bref, je manque de confiance en moi… ». Il semble y avoir une relation forte entre le fait que le fœtus, à chaque étape cruciale de son développement, sait ce qu’il doit faire, et son incapacité à réaliser valablement l’action nécessaire. Pire, ce qu’il doit normalement faire se fait spontanément, sans difficulté particulière, alors que dans le cas contraire, tout devient laborieux, compliqué, périlleux et, pour finir, d’une issue incertaine. Par extension, toutes les situations qui ressemblent de près ou de loin à un « passage obligé » deviennent potentiellement inhibitrices. Mais quel rôle joue le regard des autres, le jugement des autres, dans ces situations ? La plupart du temps aucun, si ce n’est d’imposer l’action ici et maintenant, et d’interdire la dérobade. La personne n’affronte pas les autres, c’est en elle-même que s’affrontent la peur de mourir en allant de l’avant et la peur de mourir parce qu’il n’est pas permis de renoncer. Bien sûr, de nombreuses situations viennent ensuite renforcer, amplifier, ramifier cette première expérience mais, tant que celle-ci n’est pas revécue, malgré toutes les formations et les conditionnements comportementaux, rien ne peut vraiment changer.
En sport, notamment à « haut niveau », l’inhibition lors d’une compétition prend une importance plus cruciale encore du fait des tensions physiques qui occasionnent un amoindrissement sensible des capacités physiques. Qu’il s’agisse de tennis de table, de volley ou de football, les tensions musculaires atrophient les mouvements des joueurs et faussent ainsi toutes leurs frappes de balle. Suivant la localisation du cordon ombilical, l’inhibition peut aussi se fixer particulièrement en un endroit du corps. Le cordon enroulé autour des jambes à l’instant de naître provoque, par exemple, une gêne dans les déplacements lors de situations décisives : un joueur de tennis, pourtant très mobile, ressent ses jambes comme du plomb dès que l’enjeu devient important et une skieuse, surdouée aux entraînements, se retrouve incapable de concrétiser ses capacités en compétition.
Le terme "inhibition" recouvre des blocages émotionnels multiples et variés. Il se définit commet un arrêt, une suspension ou un ralentissement d'une fonction psychique (intellectuelle, affective) ou physique (motricité, sexualité) en raison de certaines idées ou sensations souvent inconscientes qui empêchent la personne d'agir comme elle le voudrait.
Au cours de l'étude réalisée par Luc Nicon sur les souffrances émotionnelles, seuls les blocages intervenants en situations de prises de parole en public (21 cas), d’examens (15 cas) et de compétitions sportives (12 cas) ont été abordés en nombre suffisant pour autoriser une synthèse acceptable.
Mise à part trois échecs, toutes les inhibitions étudiées révèlent, sans exception, un mécanisme et une origine très similaires toujours situés en période prénatale.
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